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Né d’un père artiste peintre et petit-fils d’un fondeur, la fusion des arts devait inévitablement s’opérer en lui. Mais la carrière d’Antoine Graff s’est écrite quelque peu différemment, entre coloriage, baroudage et pliage. Il commence à peindre à l’âge de 8 ans et obtient sa première commande à 14 ans. En 1954, il quitte son Alsace natale et intègre les beaux-arts de Paris. Plus tard, il crée son entreprise de vitrines de prestige pour les pharmacies et obtient un grand succès. Concernant ses œuvres, Antoine veut revenir à la source. Il ne veut pas être habile, il veut juste faire, fabriquer, froisser et défroisser. Le pli est son joujou, qu’il agace, qu’il agite, qu’il secoue. Dans son œuvre, ce plissement hercynien est surpuissant. En structurant, modelant, figeant sa matière dans le pli, il revit les grands chamboulements de sa préhistoire, érosion, fractures, accidents, creusements. Le résultat est à la surface, mais le socle est en perpétuelle tension. Il aime à parler du hasard du pli, du moment imminent où la chaîne se met en place.